Vendredi 4 mai 2007
Je ne regarde pour ainsi dire jamais la télévision, aussi lors des rares occasions où je me place devant le petit écran, je suis totalement éberlué par ce qui s'y trouve. Ce que l'habitude fait oublier aux uns me surprend avec d'autant plus de violence que je sais qu'il s'agit de la normalité. J'entends parler de ce que j'ai redécouvert mercredi dernier à l'occasion du débat télévisé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.


Comment décrire le sentiment d'artificialité qui m'a saisi dès les premières minutes de débat ? Cet environnement confiné, désert. L'absence de tout matériau, de toute lumière naturels, faisant de la cage plastifiée dans laquelle évoluaient les candidats et les journalistes un objet sans substance, qui eût pu être aisément remplacé par un décor numérique.


Surtout, comment comprendre qu'une mise en scène aussi déroutante, faisant d'un débat déterminant pour des millions d'individus une joute verbale quasi irréelle, semblant placée en un espace intemporel, conférant aux participants une nature particulière, une sacralisation indéniable, ne soit pas l'objet d'une seule critique, passe pour être le standard en matière de débat politique ?


Ce débat a la spécificité d'être la conjugaison de deux phénomènes typiques de notre société dégénérée, de l'aliénation mentale carabinée dont sont victimes les classes populaires : d'une part, l'érection des médias comme source immaculée de la vérité, d'autre part la reproduction de la concurrence entre les individus à tous les niveaux par la transfiguration de la lutte violente entre les individus qui est le propre de la réalité en jeu innocent et pacifié. L'analogie avec les autres jeux télévisés est frappante.


Les premiers débats télévisés avaient lieux dans un salon de l'Elysée, ce genre de choses. Puis on les déplaça sur des plateaux télé grisâtres, sortes d'annexes sans grand intérêt visuel. Mais que penser d'une salle tracée au cordeau, ou chaque objet a sa place au millimètre près ? Trois caméras s'agitent dans un espace blafard, autour de candidats au brushing nanométrique, au maquillage impeccable, aux gestes calculés des jours à l'avance, aux comportements parfaitements lisses et civils. N'y a t'il pas derrière cela la volonté délibérée de marquer la différence profonde entre le monde réel et le monde télévisuel, et la supériorité écrasante de ce dernier, où tout est parfait et ritualisé ? N'y a t'il pas là la volonté de consacrer l'autorité de ce qui s'y dit, de ce qui s'y passe ? Bref, toute cette mascarade ne scelle t-elle pas l'alliance entre une nouvelle caste de prêtres et la classe dirigeante bourgeoise traditionnelle, inondant l'une et l'autre le peuple de leurs informations ineptes et de leurs débats dévitalisés ? Malheureusement, il semblerait bien que si.


Après avoir regardé chacun chez soi le débat télévisé, les Français se sont empressés de débattre sur internet de leurs premières impressions, s'ils ne sont allés oublier tout de suite ce qu'ils avaient vu dans le sommeil ou dans un film. Il n'est pas exclu qu'enfermés peu à peu dans une réalité virtuelle d'où les hommes sont absents, les passions s'endorment, et que les téléspectateurs, plutôt qu'agenouillés devant l'image du débat télévisé, prennent la scène pour un rêve sans grande importance, dont l'absence d'impact immédiat sur la réalité ne traduit que l'absence d'impact tout court.
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Vendredi 13 avril 2007

Notre système électoral est pourri, c'est certain. La Ve république est la plus liberticide que la France ait jamais connue, une ploutocratie qui ne prend même plus la peine de se dissimuler : un président disposant de tous les pouvoirs (qu'il délègue à son premier ministre), élu par la bonne volonté des médias (entendez : de leurs propriétaires, tous étant des capitalistes renommés), et un parlement dons l'impuissance quasi officielle est chaque jour plus évidente.

 

Les grands parents de nos capitalistes avaient au moins la décence de simuler la démocratie !

 

Certes, la démocratie libérale, aussi achevée qu'elle soit, n'est jamais qu'un organe entre les mains du capital, sa justification aux yeux de l'opinion publique, la soi disant preuve de l'acceptation de leur sort par les exploités. Oui, les médias ont toujours été entre les mains des plus riches, le parlement constitué dans sa quasi intégralité de notables, le peuple abruti par une propagande lui expliquant qu'il ne doit son malheur qu'à lui même, qu'il fallait être plus dynamique, plus intelligent, plus fort.... Que l'Etat ne fait que refléter la volonté de la majorité, c'est à dire ses intérêts. Alors qu'en France, et partout dans le monde, il n'y a pas d'intérêts communs entre les capitalistes, et les autres. Que notre petit système électoral, prétendant depuis toujours concilier les intérêts de tous, oblige les petits à composer avec les grands. Les victimes à négocier avec leurs voleurs ! La nation, n'est ce pas, est indivisible. Qui oserait remettre en question ces grands moments de patriotisme où tous, riches et pauvres, communient devant cette lutte, qui n'egage rien ni personnes, de onze joueurs contre onze autres, sur un terrain de football ? De tels instants méritent bien le sacrifice le la liberté de tous au profit de quelques uns, c'est indéniable. Enfin moi, je pense exactement le contraire.

 

L'Etat bourgeois traditionnel, aussi hypocrite qu'il soit, permettait néanmoins une certaine forme de lutte. Les députés communistes assiégaient en permanence l'assemblée nationale de leurs revendications, bref, le peuple disposait d'une petite tribune. Aucun type n'osait, comme le veut désormais le système, court-circuiter le débat politique pour s'adresser directement au peuple, mettre en avant sa personne au détriment du débat de fond.

 

Aujourd'hui, même les partis les plus contestataires sont pris dans cette gangue inextricable où le débat politique est accaparé par quelques hommes, où le débat politique se focalise sur une seule chose : les élections présidentielles. Il semblerait que l'on veuille faire croire au peuple qu'à l'aide d'une formule magique, le programme providentiel, l'ensemble de ses maux prendraient fin. Mais tout cela, ce n'est que du vent ! Le capital, la démocratie libérale lui étant inféodée, et leur appareil médiatique ne permettront jamais qu'une seule chose : le maintien des uns au pouvoir, le score dérisoire des autres, et l'abandon de la politique aux oubliettes aussitôt l'échéance présidentielle dépassée. Que l'on vote ici où là, le résultat sera le même : libéralisation, déréglementation, exploitation, répression.

 

Alors, quoi d'autre qu'une alternative récolutionnaire face à cet état de fait ? Non pas une simple mise à bas du système actuel, mais un bouleversement complet de notre société, le prise de contrôle de l'appareil économique par les travailleurs et l'instauration d'une société sans classes...

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Vendredi 30 mars 2007

 

La réalité du monde est perpétuellement occultée par cela même qui est censé l'expliquer. Les superstructures sont de natures diverses, mais toutes ont l'art de substituer aux choses concrètes des objets impalpables, des vérités illusoires, des symboles séduisants.

 

Leur efficacité n'a de mesure que leur vide abyssal.

 

 

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Foule apprenant à contempler ce qu'elle ne comprend pas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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"Can you become a millionaire ?"

 

 

 

 

 

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 Siège du parti "le plus proche des ouvriers"

 

 

 

 

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Jeudi 29 mars 2007

les jeunes posent problème à la société capitaliste. En effet les étudiants lycéens et autres moins de 25 ans, cette masse remuante est unanimement tenue pour  difficilement gérable par les analystes et les politiques modernes et pour cause a t on déja vu groupe plus remuant?

  Ces fauteurs de troubles sont pourtant nécessaires au bon fonctionnement de la société de consommation. Le problème vient du fait que, originellement, l'adolescence et sa petite soeur, l'adulescence (qui pourtant porte sur des sujets plus agés mais elle arrive plus tard et est une dérive de l'adolescence...)n'existe pas. L'enfant qui devient fort et suffisamment savant subit un rite de passage (tout nu dans la forêt tu dois ramenner la tête d'un ours, ou le bac) qui le fait entrer dans le groupe des adultes (il est maintenant sorcier , chasseur, guerrier, paysan... bref il entre dans la vie active) mais nous sommes arrivés à une situation ou le jeune quand bien même il a depuis longtemps les qualités requises au passage à l'âge adulte (force physique, connaissances techniques...), il s'échappe d'ailleurs souvent du foyer, n'est pas accepté dans la société adulte, il est classifié comme moins de 25 ans et pas comme adulte, il continue ses études, il ne porte pas encore toutes les responsabilités propres à l'adulte. En outre, être adulte c'est renoncer a l'imagination débordante de l'enfance, à cette énergie intimement liée à l'irresponsabilité bref l'adulte est un être qui se dépossède de la majeure partie de son intérêt et de son identité pour survivre, faire fonctionner la société dans laquelle il vit. L'adolescent, lui, a les avantages des deux catégorie: il possède la plupart des droits de l'adulte (voter mais c'est moins rigolo que d'aller en boite, dans un sex shop, de picoler...) mais surtout l'adolescent a de l'argent à dépenser et de plus en plus au fur et à mesure qu'il grandit, il possède également l'énergie, l'irresponsabilité, l'imaginaire d'un enfant ce qui crée un être dangereux pour la société un être qui est naturellement porté à un radicalisme politique qu'il peut en plus assumer par les actes ;  l'adolescent est un être imprévisible qui n'hésite pas à pirater sur internet plus que de raison et a une forte propention à la violence. Mais alors pourquoi la société moderne a-t-elle créé un tel monstre? Dans le cadre d'un système capitaliste comme le nôtre l'adolescent n'est pas sans avantage: l'irresponsabilité, la force imaginative allié à la maturité nuancée et à un budget par individu grandissant fait de l'adolescent  un pillier de nombre de marchés: le marché de la culture (au sens trés large: C.D, B.D, DVD, cinématographe...), du vêtement, de l'informatique, des jeux vidéos... si l'adulte fait des investissements beaucoup plus importants que le jeune, le jeune, lui, booste des marchés nouveaux, achète des produits qui ne sont pas foncièrement utile et qui sont renouvelable trés souvent (une voiture ou une maison durent plus longtemps qu'un jean ou un livre). Le jeune en tant qu'il est un consommateur non négligeable et de plus en plus important est un sujet essentiel au dynamisme de la société de consommation. Bien que remuant le jeune soumis à l'angoisse de la précarité a des accés de sérieux qui le canalysent et qui l'incitent a entreprendre des études plus longues et donc à rester adolescent plus longtemps ainsi la société capitaliste peut développer l'adolescent comme ressource sans trop de désagréments d'autant plus que plus l'adolescent accumule de bien de consommation moins il est sujet aux débordements génants.

Par Sabreur fou - Publié dans : Microscopages
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Mardi 20 mars 2007
Nicolas Sarkozy vient de commettre la première d'une longue série de vilennies qui iront sans doute s'accumulant jusqu'à ce qu'il termine sa triste carrière.



Cesare Battisti, ancien membre d'un groupuscule d'extrème gauche italien, s'était durant les années de plomb (années 1980) réfugié en France, condamné dans son pays à la prison à perpétuité sans procès, soupçonné d'avoir participé à deux ou trois assassinats politiques. Assuré par Mitterrand d'être en sûreté en France, il y avait refait sa vie, s'était converti en écrivain, et ce jusqu'à ce que nos bons vieux réacs retrouvent le pouvoir. Il s'était alors enfui au Brésil, ou a priori, personne n'irait jamais lui chercher des noises.



Alors voilà, hormis la sympathie que m'inspire nécessairement un type qui a foutu sa vie en l'air pour un combat perdu d'avance, le dégoût provoqué par son arrestation prend sa source dans un détail foncièrement sordide : c'est la police française, dûment mandatée par Nicolas Sarkozy lui même, qui a traqué Battisti jusque dans sa retraite brésilienne. Ce sinistre personnage a réussi jusqu'à susciter l'indignation du pathétique BHL, c'est vous dire.



Ne nous y trompons pas, Nicolas Sarkozy n'est pas un employé à la solde de Romano Prodi, le Bayrou local (et, accessoirement, président du conseil italien), n'a pas de famille italienne qu'aurait malencontreusement égratignée Battisti dans sa jeunesse, mais, simplement, est en pleine campagne présidentielle. Alors, d'une pierre deux coups, il s'en prend au camp qu'il abhorre,et que son électorat abhorre encore plus, lutte de classe oblige, et, surtout, montre qu'il se moque éperdument de la parole donnée par un homme de gauche, cet homme eût-il été président de la République pendant quatorze ans, et au moins aussi pourri que lui.



Enfin, comme il faut trouver du positif en toute chose, nous savons désormais que tous les coups sont permis. Nicolas Sarkozy est du côté de ceux qui durant les années de plomb torturaient allègrement les gauchistes qui leurs tombaient sous la main, de ceux qui n'ont jamais voulu condamner le général Pinochet (de peur sans doute de déplaire à leur électorat), de ceux pour lesquels les masses ne s'émeuvront jamais s'ils tombent du piédestal sur lequel elle les ont pourtant hissés. En gros, c'est un salaud au sens noble du terme.
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