Jeudi 27 juillet 2006

















Voilà ce que tout être normalement constitué devrait penser.

Pour le plus grand malheur de mon auditoire, ce n'est pas le cas, c'est exactement l'inverse qui se produit.

Cela permet d'aboutir à une conclusion irréfutable : la population française n'est pas normalement constituée. Alors je ne peux me dérober à ma tâche, il faut que je tente de diagnostiquer puis de guérir cette difformité intellectuelle qui touche tant de nos concitoyens.

Soyons clairs : même si ce problème est éminemment politique, je n'ai pas l'intention de parler du programme que défendra Ségolène Royal, car il me semble avoir compris que quel que soit le candidat socialiste aux présidentielles, son programme sera obligatoirement celui voté par le PS le mois précédent.

Non, je ne l'aime pas car elle incarne toute la médiocrité de notre société. Pire, elle la stimule, déculpabilisant tout un chacun de ce dont il devrait avoir honte. Mener les hommes par leur sentiment de culpabilité est ignoble, car c'est leur imposer des lois qu'ils ne comprennent pas, et ne trangressent pas uniquement par peur du regard des autres (ou de Dieu, ou n'importe quoi d'autre). Mais bien souvent, mieux vaudrait substituer une loi rationnelle à l'interdit, plutôt que de transformer l'interdit en autorisation par pure paresse intellectuelle. Sachant que flatter la paresse intellectuelle de ses concitoyens, cela s'appelle faire de la démagogie. Explicitons : les gens ont des penchants, des comportements dont ils ont honte, et dont ils devraient se défaire. Plutôt que de les aider dans cette noble tâche, Ségolène Royal les dédouane dans leurs actes, les décomplexe. Non pas explicitement, ni même implicitement, mais simplement en existant, en étant ce qu'elle est à l'heure actuelle : une femme médiocre, adulée par une foule médiocre, dont on se demande encore si elle est animée par l'esprit mouton ou un manque de goût infernal, le tout constituant en tous cas un amusant jeu de miroir.

Le plus visible, si j'ose dire, consiste en la prétendue beauté de Ségolène Royal. Il est pourtant évident qu'elle n'est pas belle. Mais quantité d'individus, des quinquagénaires pour la plupart, je suppose, sont tombés en vénération devant cette personne, déclarant qu'elle était belle, et n'étant contredits par personne. Et surtout pas par elle, bien évidemment, qui exploite intelligemment la benoiterie de nos concitoyens en revêtant des tenues dont on ne peut dire qu'elles sont "sexy", mais du moins bien plus attrayantes que le déguisement de manchot empereur standard de nos hommes politiques standards. Ce n'est pas tout : elle nous gratifie à longueur de journée de son sourire surhumain (peu d'humain savent aussi bien et aussi longtemps montrer leurs incisives.) Quand on se croit laid, ose t'on sourire ainsi ? Non, je le dit tout net, Ségolène Royal pense être le nouveau canon de beauté.

Est ce cela que l'on veut servir aux français ? Je pense que l'on réunit désormais nos concitoyens par des promesses minables, au contenu aussi maigre que les hanches de notre future présidente. Des promesses suffisamment vides pour faire fantasmer des escadrons d'électeurs imbéciles (au sens originel,  c'est à dire désemparés, je ne voudrais pas insulter qui que ce soit). Ségolène Royale est un vide qui ne cherche qu'à se remplir, comme l'atteste son site dont les principaux animateurs sont ses admirateurs, comme l'atteste aussi le titre de son livre, absolument horrifiant de platitude : "désir d'avenir". Comment a t'elle osé nous gratifier d'une rime indigne d'un chanteur de variété ? C'est à pleurer de rage...

Robot Ségolène, un jouet inoffensif ? Je n'en suis pas si sûr. Made in ENA, trafiqué par tonton, nous devrions nous méfier.
Dimanche 16 juillet 2006















...est notre pire ennemie. Cette abomination, née de l'envie de remplacer les carrioles puant le crottin en véhicules faisant un vacarme de tous les diables, puis développée par l'appétit qu'ont toujours eu les classes moyennes d'obtenir ce qui avait été créé pour les riches bourgeois inutiles, est en train d'être à l'origine d'un des pires malaises rencontrés par l'humanité. Un malaise d'autant plus grave qu'il a été intégré comme la normalité, un gène de l'automobile étant d'ailleurs certainement en train de s'édifier (eh, sélection naturelle oblige ! Ceux qui se plantent étant mauvais conducteurs, les gènes de ceux qui ne se tuent pas en voiture seront favorisés ! Vive Darwin !)

Ce monstre d'absurdité, non content de polluer notre planète de façon catastrophique, de contribuer à en faire une grosse marmite invivable, défigure notre cadre de vie, le rend détestable. Des étendues de bitume grises et lisses dignes du purgatoire. Un boucan insupportable. Des frontières tous les 100 mètres, franchissables seulement par intermittence et en se méfiant. Bref, un milieu hostile.

Et puis, sans oublier le gâchis de matière et de temps occasionné par la production  de  cette saleté.  Eh oui, le coût !  On l'oublie souvent, mais cela signifie qu'une quantité considérable d'individus travaillent toute leur vie à produire l'acier des carrosseries et la fonte des moteurs, qu'une quantité non moindre travaille à mettre en forme ces matériaux pour créer ces infâmes véhicules. (c'est à dire à gâcher des matériaux qui sont pourtant au départ extrèmement précieux). Tout cela se traduit évidemment par une perte considérable en pouvoir d'achat, obligeant à sacrifier des choses certainement plus utiles. Il faut encore rajouter à cela le coût de la délicieuse boisson de ce charmant animal de compagnie qu'est la voiture, l'essence, à l'origine de transports maritimes extrêmement propres et de situations plus qu'amicales chez nos amis du proche orient.

Je passe sur les saletés périphériques que je n'ai pas toutes en tête. (climatisation ultra polluante dans les bouchons d'autoroutes sous le cagnard, les mêmes bouchons, sous le cagnard ou non, les morts en voiture, le permis de conduire, etc.)

Tout cela pour quoi ? Pour une impression factice de liberté ? Pour le moelleux des sièges et l'autoradio ? Pour la convivialité occasionnée par l'enfermement interminable dans une boite de conserve ?
Dimanche 9 juillet 2006










N'avez vous jamais ressenti, en contemplant un personnage médiatisé, cette étrange sensation de pitié mêlée de détestation ? Cette envie de disparaître pour ne plus avoir à souffrir la bêtise incurable d'un individu se croyant doué d'une grande autorité ? Et enfin, une fois toutes barrières morales levées, l'idée du plaisir immense que l'on aurait à contempler son regard affolé au beau milieu des flammes de l'enfer. Il n'est qu'un type de personnes pour provoquer ce genre de sentiment, qui à mon avis est le pire de tous. Ces individus, dont notre société est si prodigue, ce sont les personnages gluants.

La première indication que l'on a pour les repérer est la répugnance instinctive qu'ils inspirent. En ce sens, la presse ne leur rend pas un joli service en exposant leurs affreuses trombines, dont les principales caractéristiques sont un air de détermination caricatural et perpétuel, un peau souvent luisante de sueur, bref, une virilité à laquelle très certainement la bonne ménagère ne peut rester indifférente.

Pourquoi ce concept de personnage "gluant" ? Il me semble que l'idée de glue, de viscosité dont on ne peut se dépêtrer est l'impression instinctive que l'on a en pensant à eux. Car dans la catégorie des personnages contre lesquels nous luttons, il y a plusieurs types, celui des personnages gluants en étant un. Les personnages gluants ne sont pas les bons vieux adversaires qui peuvent parfois nous énerver sérieusement, mais pour lesquels on a du respect, voire que l'on apprécie. Ce ne sont pas des ennemis haïssables, que l'on pourrait même craindre, et dont la principale caractéristique est d'être de mauvaise foi, consciemment méchants et égoïstes.

Non, les personnages gluants ont pour première caractéristiques d'être intelligents, honnêtes et tourmentés. Mais leur intelligence est systématiquement annulée par des instincts stupides, induits essentiellement par leur éducation, leur enfance ou je ne sais trop quoi d'autre, de telle sorte que leur comportement s'avère toujours nuisible pour la société. Pourquoi gluants ? Parce que des individus dont il est impératif que nous leur passions sur le corps nous apitoient, voire deviennent sympathiques à nos yeux, tout en se constituant en obstacles insupportables, ce qui les rend exaspérants puis répugnants aux yeux de celui qui a affaire à eux.

Pourquoi gluants ? Parce que l'effet qu'ils ont sur nous, il l'exercent au centuple sur les autres, les séduisent, étalant toutes sortes de talents appréciés et complètement inutiles. Car évidemment, ce ne sont pas de grands méchants loups qui font peur à tout le monde, ce sont souvent des individus aux objectifs insignifiants, et déterminés à les atteindre. Mais il sont tellement nombreux que leur pouvoir de nuisance est considérable. Si après cela, vous ne voyez toujours pas de quoi je parle, peut-être en êtes un vous même, ce que je n'espère pas bien entendu.
Mardi 4 juillet 2006

La première fois que j'ai entendu cette histoire de mur entre Israël et Palestine, j'ai été révolté par un tel concept: et l'amour entre les peuples, bordel! Pourquoi ne pourraient-ils pas se tendre la main et faire l'amour tous ensemble comme les bonobos (animaux tout a fait fascinants n'est il pas?) et autres niaiseries hautement consensuelles et superficielles... Et pourtant l'escalade de la violence parait de plus en plus inarrêtable, que faire dés lors? Nous voulons qu'ils arrêtent un peu de s'entretuer (c'est vrai quà force c'est lassant de voir ça tous les soirs au JT...) et bien entendu déplacer ces populations seraient quelque peu hasardeux, tous les exterminer une bonne fois pour toute pour repeupler Israël sur de nouvelles bases semble égalemnt peu constructif. L'idée d'un mur n'est pas si stupide, quoi de mieux que de séparer les belligérants par une barrière quasi infranchissable pour mettre un terme à ce conflit? Quand on surprend deux personnes en train de se battre, on les sépare invitant chacun a rentrer chez lui. Si ni les uns, ni les autres ne sont prêts à respecter le plan de partage de l'ONU il s'agit de leur faire accepter d'une façon ou d'une autre. Finalement il n'est pas si révoltant de voir les israëliens construire un mur sur cette ligne de partage, d'autant plus que oppresseurs ou non il est intolérable de voir tant de victimes innocentes mourir des bombes des terroristes palestiniens, aussi intolérable que de voir mourir des victimes innocentes sous le feu des représailles israëliennes. Alors si un mur est l'unique solution malgré les mauvais souvenirs pourquoi s'y opposer?

 Le problème bien entendu reste quel tracé? Celui de l'ONU est obsolète notamment a cause de ces stupides colonies juives, le gouvernement israëliens se voit donc dans l'obligation de redessiner les frontières "sur la base du plan de l'ancien plan de partage" évidemment. Il s'est donc mis à la tâche prenant en compte le moindre hameau israëlien n'hésitant pas à encercler littéralement nombres de villages palestiniens, le mur, sa ligne de sable éclairée (pour pouvoir tirer sur quiconque s'y risquerait), ses barbelés, ses miradors... sont construits en territoires palestiniens ( faut pas déconner non plus) et le fait que certaines populations soient coupées de points de ravitaillemnt (en eau par exemple) n'inquiète personne... Sous prétexte de protéger sa population innocente Israël multiplie les provocations envers un peuple dont les griefs sont plus que légitimes dans un but qui reste obscur pour moi, de quoi inciter au jihad n'importe quel pacifiste convaincu.

 Le problème du mur n'est pas question de symbole ou d'idéologie mais bien un problème politique majeur que beaucoup (parmi les médias nottamment) s'efforcent d'ignorer.

par Sabreur fou publié dans : Microscopages
Lundi 3 juillet 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 







J'ai vu Yann Tiersen au Pulp (club electro / lesbien / parisien), il a joué quelques morceaux avec sa copine genre "oh et le désert, le sable qui brûle sur ma peau" en mode incantations sur tapis d'électricité dégueulasse. Le chouchou des bohémiennes a entrepris de vider la piste avec application à coup de métal qui tache, quelques heures plus tard il s'y écroulait, imméditament rejoint par son verre d'alcool. Sinon les mecs ont alterné dans la cabine, après l'interminable session rock adolescent à l'enthousiasme approximatif et au groove inexistant, l'arrivée d'un Jean-Nipon (moitié du duo 8 bit - musique de consoles - Teamtendo) qui tape juste fut un soulagement. Il y a même eu quelqu'un pour passer des trucs UK rave 90's, bien vu.

Personne ne s'y est trompé, ce soir-là c'était rock / electro = 0-1. Des fois j'imagine comment les mecs de Rock'N'Folk ont du bander quand ils ont senti que c'était le bon moment, qu'ils n'allaient plus devoir faire semblant d'aimer (ça veut dire s'obliger à comprendre) tous ces disques électroniques qui faisaient vibrer les gamins. Avec le prétexte : la dance n'amuse plus personne, c'est fondamentalement abstrait, anonyme, etc., les kids ont trop besoin de héros, tout ça. Franchement si aujourd'hui c'est un mec comme Pete Doherty qui fait rêver les jeunes, il y a un problème. Ce mec ressemble à une mauvaise réédition de Nikes d'anthologie, il y a le mythe (en l'occurence drogue, autodéstruction) sans passer par la case départ (la musique valable). C'est à croire qu'on ne s'est toujours pas remis de la fin de Nirvana, tout le monde se masturbe sur le prochain disque rock qui sera à la fois fédérateur et de qualité, mais comme il n'arrive pas, les médias jouent de la prophétie autoréalisatrice et font des phénomènes de n'importe quelles resucées d'artistes phares d'une autre génération. On ferait mieux d'aller chercher directement ces originaux là (un peu de curiosité, deux trois clics suffisent) et de les réécouter avec attention, sans s'y limiter. Mais comme d'un autre côté les producteurs de musique électronique sont victimes du syndrome de l'artiste maudit (je fais de la musique compliquée, je me montre pas donc je suis pas corrompu, donc je fais de la bonne musique), on s'en sort pas. Alors le problème c'est peut-être qu'il y a pas assez de lumières dans les home-studios, que les mecs qui pensent à bien s'habiller (Tiga) foirent leurs albums, mais ce handicap n'est pas une fatalité. Le nouveau standard des musiques populaires c'est la musique électronique, autrement dit le futur de la musique électronique c'est de faire rêver tout le monde, et les français Jackson ou Para One (producteur de TTC) l'ont compris en osant s'exposer, photos lookés dans les magazines, faces sur les pochette.

Maintenant l'imposture rock devient flagrante, c'est un constat concret, quand dATA chamboule tout avec trois lignes mélodiques, les vieux riffs bougent de moins en moins de monde en dessous de 30 ans. Ce n'est pas nécessairement un clash des générations, personne n'est assez débile pour rejeter le rock en bloc, mais quitte à vouloir y croire autant aller dénicher de bons vieux disques sérieusement tout en se situant à la pointe de la musique digitale (à l'instar d'un Dj Detect) plutôt que de verser dans l'apologie référencée rétro des mascarades en cours. Concours de pathétique dans les reformations des dinosaures (Pixies, Gun's & Roses, etc.), concours de sosies de mauvais goût (The Darkness), concours de tronches émoteen sur Myspace, difficile de se défaire de l'impression qu'on est en plein dans une seconde "grande arnaque du rock'n'roll". Sans aller jusqu'à parler d'une performance organisée par des directeurs artistiques réactionnaires pour qui c'est la meilleure façon de se rassurer (le rock, ils connaissent, ou croient connaitre), on a le droit de se plaindre de voir jusque Nadya, l'idole de nos petites soeurs, transformée en meneuse heavy dans son dernier clip.

Un amalgame fascinant a fait que "rock" voudrait dire maintenant "énergie", alors Vitalic ou Justice, c'est du rock, alors rien ne vaut tant que le rock, peu importe l'innovation réelle finalement, Volcano amplifie des courants d'air pour gâcher une après-midi à la Villette, mais tant pis puisque c'est du rock, MTV laisse passer du neo-grunge sans urgence mais on a du se tromper, elle était là l'urgence puisqu'il y a des guitares tu vois. Qu'on se le dise le rock en tant que genre est anachronique désormais, et pour se donner une chance d'en apprécier encore mieux certaines manifestations, à travers un tube sur kick, une vieille déchirure sur vynile ou Super Audio CD ou ses ultimes innovations, il faut reconnaitre ça, le rock ne vaut plus rien, c'est ce qui me donne envie d'aimer DFA 1979 ou Battles, des mecs dont la musique ne se contente pas de multiplier les revendications détournées "écoute c'est rock, donc je suis cool". C'est exactement ce que les ironiques Warholiens d'Art Brut a compris, le rock est mort à force d'avoir voulu renaître. Il n'est plus qu'un concept marketing porteur pour des gosses qui vont reprendre les Converses de leurs parents en passant en boucle leur discothèque au lieu d'investir leur époque, d'assumer la modernité dans tout ce qu'elle peut avoir d'excitant, de faire l'effort d'inventer un nouveau lifestyle, d'oser des nouveaux choix plutôt que de se contenter de suivre le consensus passif qui veut que les Strokes fassent le beau temps (alors que surtout la pluie) de la musique d'aujourd'hui et qu'il faut porter les jeans cigarettes qui vont avec.

Hier pendant que je lisais dans les toilettes d'un bar ce graffiti "Save rock'n roll, kill a Naast", un jeune Toulousain vivait le moment fort de sa vie en approchant des lèvres inconnues pendant une montée du live de Modeselektor.

PS : ce post est magique, en passant ta souris sur les noms propres tu as accès à des extraits de quelques groupes qui comptent en musique électronique aujourd'hui.

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